Grignan / Le paysage chez Philippe Jaccottet comme cahier de verdure / Valentine MEYDIT-GIANNONI

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Valentine MEYDIT-GIANNONI
GRIGNAN / Le paysage chez Philippe Jaccottet comme cahier de verdure
Lieu d’une habitation poétique du monde et de la langue

Dépôt légal : octobre 2016
ISBN : 978-2-913351-33-2
ISSN collection : 1635-6373
18€ TTC France

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« Je dois avoir un ancêtre qui s’appelle Rousseau, j’ai voulu relire Les Rêveries d’un promeneur solitaire, livre admirable mais dans lequel, au fond, Rousseau parle beaucoup de lui et très peu de la nature » déclarait Philippe Jaccottet en 1997. Malgré l’enracinement commun de leur écriture poétique et journalière au cœur de paysages naturels, la proportion des parts accordées au moi et à la nature les distingue très clairement. Le lecteur de Jaccottet le sait bien : le poète parle en ses recueils bien plus de la nature qu’il ne parle de lui-même, et aspire plus à faire parler la nature qu’il ne tente de parler lui-même. Sources, ruisseaux, rivières, montagnes, cerisiers, églantiers, cognassiers, pommiers, fleurs, cailloux, chats-huant, criquets, rossignols… la poésie de Jaccottet abrite un microcosme bruissant et animé, une nature loquace face à laquelle le « je » semble parfois demeurer taciturne ; l’élection qui l’attache à Grignan en 1953 fera de ces paysages qui s’offrent alors à lui le combustible essentiel à son écriture comme à sa vie poétique ; source d’inspiration, terre riche de fragments d’un âge d’or perdu, le paysage permet ainsi au poète d’éprouver son écriture par ses tentatives de (re)présentations, et son contact quotidien lui permet surtout de « vivre de telle manière que l’écrit naisse naturellement » (La Semaison) ; le paysage de Grignan, à la façon d’un attrape-rêve, filtrerait ainsi l’angoisse qui noue la gorge du poète pour lui permettre de s’abreuver enfin librement à la source de la Présence et de la vie.

Valentine MEYDIT-GIANNONI

Valentine Meydit-Giannoni est doctorante et chargée de cours à l’université Paris IV Sorbonne. Agrégée de lettres modernes, elle est engagée dans un travail de thèse en poésie contemporaine, explorant les rapports qui unissent ou désunissent une partie de la production poétique d’après 1945 aux concepts de morale et d’éthique, ainsi que l’éventualité d’une posture « moraliste » propre au poète : « Prescrire, écrire : pour un portrait du poète en moraliste chez Michaux, Char, Jabès et Jaccottet ». Après une formation dix-septiémiste consacrée à la question moraliste et ses rapports à la poésie avec un travail sur « Pascal poète » et sur « La réception des Pensées de Pascal chez les poètes modernes », elle choisit de se consacrer directement au corpus poétique contemporain, en étudiant quatre auteurs très souvent désignés comme moralistes ; si l’hypothèse ne va pas de soi, force est de constater chez ces auteurs un substrat éthique et une vocation pragmatique, posant l’éternelle question de la détermination d’une conduite.

Communications et contributions de Valentine Meydit-Giannoni

-    « Parole de cognassiers : une poétique du témoignage chez Ph. Jaccottet », La Faute à Rousseau, n°71 (février 2016), La Nature, p. 25-28 // synthèse d’un travail sur « Le Je taciturne et la nature éloquente chez Philippe Jaccottet : une poétique du témoignage ».

-    « Et in Arcadia ego : du lieu fantasmé au lieu vécu, Grignan, un locus amoenus dans le monde de l’après-guerre chez Ph. Jaccottet ? », communication pour le colloque « Le locus amoenus dans l’urgence du monde » organisé par l’université Paris IV Sorbonne, 18 Juin 2016. 

-    « Sagesse du locus amoenus à l’âge nucléaire dans la poésie de Ph. Jaccottet », à paraître, pour le Centre d’Étude de la Langue et des Littératures Françaises 19ème-21ème siècle, Université Paris-Sorbonne

- « Opaque is the new bright ?
The Inquisition of the transparency - history, evolution and questioning in Western and world literature, Michaux and Glissant », communication pour le colloque « Transparence et opacité en littérature française et francophone » organisé par l’université de Princeton,
14 Octobre 2016.

978-2-913351-33-2